Assemblée nationale – séance du 3 décembre 1992 (extraits)
« Le droit au paysage, le droit à la beauté, à l’harmonie de l’environnement fait l’objet d’une demande sociale croissante. Il faut réhabiliter le regard de l’homme sur son environnement »
« le paysage est un élément important de la qualité de vie des Français ; c’est un outil de développement économique non seulement dans les villes, mais également dans les campagnes »
« Les espaces ruraux qui ont su garder leur authenticité maintiennent davantage leur population que des espaces dénaturés ou frelatés »
Le permis accordé en 2009 par le Maire a été validé par l’architecte des bâtiments de France. Cependant, on peut lire dans un courrier de ce dernier daté du 29 mai 2009 :
« … considérant que le projet en l’état ne respecte par les dispositions de la ZPPAUP, mais que, pour y remédier sans porter atteinte à l’économie générale du projet, l’ABF émet un avis favorable assorti de prescriptions….
Une façade appartient aussi à celui qui la regarde !
Courant 2011, sans attirer d’attention particulière, les travaux intérieurs ont commencé mais en octobre dernier, des riverains stupéfaits ont découvert, derrière les échafaudages, le chantier en cours des murs extérieurs.
Très attachés au patrimoine de leur ville, ils ont constaté, médusés et indignés, la nouvelle façade en voie d’achèvement : un ravalement intégral qui détruira totalement l’harmonie constituée par l’ensemble des bâtiments anciens de la rue Boucher.
L’enfilade de murs typiques du Vexin qui partait du café « le Cadran » offrait une perspective particulière maintenant balafrée par cette réalisation.
Cette rue exceptionnelle devient une rue sans intérêt : la banalisation de notre commune se poursuit !
Une ZPPAUP, à quoi bon ?
Le dispositif ZPPAUP est pourtant sensé « assurer la protection du patrimoine paysager et urbain et mettre en valeur des quartiers et sites à protéger pour des motifs d’ordre esthétique ou historique ».
Nous notons dans le rapport de présentation (page 119) que les bâtiments de fermes constituent dans le patrimoine résidentiel « des références » du patrimoine architectural et pictural ou des « repères » dans le tissu urbain et que ces édifices pourront faire l’objet de mesures conservatrices particulières.
Article 11 de la charte paysagère du Parc Naturel du Vexin : « inventorier, préserver, réhabiliter et valoriser le patrimoine bâti rural »
Cette charte, signée en 2008 par la commune d’Auvers recommande notamment la « valorisation de ces rues qui sont des axes structurant la ville,
(dont la 7 rue Boucher fait partie), dans l’esprit des noyaux villageois ». Pourquoi ces recommandations ne sont elles pas respectées ?
De plus, nous nous interrogeons sur le fait qu’une telle réalisation, aussi peu respectueuse du site, ait pu bénéficier d’une subvention de 52 500 euros par le comité syndical du Parc Naturel Régional du Vexin Français.
Alors comment ne pas s’indigner devant un tel gâchis !
Comment a-t-on pu permettre ce triste alignement de fenêtres et autoriser la mise en place d’un enduit industriel sur des murs séculaires en pierres jointoyées ?
Comment peut on accepter que les piliers du beau portail vexinois, en pierres de taille appareillées, soit également enduits et affublé d’une grille banale ?
Comment et pourquoi des professionnels réputés avisés et compétents, ont-ils pu ratifier ce permis de construire et
entériné tel quel le volet paysager ?
Pourquoi investir en faveur du tourisme et s’honorer d’être pôle touristique si c’est pour sacrifier ce qui fait l’authenticité d’Auvers ?
Ce que le passé nous laisse est une richesse
Le mal est fait, chacun semble se rejeter la responsabilité de ce gâchis comme une patate chaude avec une force d’inertie décourageante ! La volonté de ne rien faire l’emporte !
Pour l’instant, le chantier est arrêté, des solutions de rattrapage sont recherchées….
Que restera t-il d’Auvers si ces pratiques perdurent, si cette frénésie d’urbanisation se poursuit, si l’indifférence de la population gagne : une banlieue triste comme tant d’autres, amnésique de son histoire ? Un paysage culturel sacrifié ! Des espaces en lambeaux !
Les anciens vont s’habituer avant de disparaître, les nouveaux arrivants ne sauront pas ! Les reproductions d’œuvres impressionnistes au coin des rues deviennent bien dérisoires !